À propos

Pourquoi analyser le discours politique?

Ce projet s’inscrit dans le domaine des humanités numériques. Ce territoire de recherche contemporain est le fruit de plusieurs changements dans les pratiques de recherche en humanités et en sciences sociales qui cherchent à mettre à contribution les récents développements en informatique. La numérisation facilite l’accès à l’information, mais elle augmente aussi considérablement son volume, faisant de l’analyse un défi de taille.

La fouille de textes permet d’appréhender d’importants corpus documentaires, d’analyser rapidement de grandes quantités d’information et de compiler des statistiques sur les données contenues dans les textes. Il peut en découler l’extraction de connaissances nouvelles, la découverte de tendances de fond, l’établissement de relations entre différents paramètres, la détection de la fraude, l’analyse de l’opinion et des sentiments, etc.

Cette période d’élection fédérale canadienne est un moment propice pour utiliser les outils de la fouille de textes. Ils nous permettent de produire de nouvelles connaissances en évaluant les particularités linguistiques des partis et des leaders politiques, tant du point de vue statistique qu’idéologique. Une analyse du discours politique étendue sur plusieurs élections peut  :

  • dessiner les grandes tendances thématiques abordées au cours des différentes élections ;
  • mettre en lumière le vocabulaire spécifique et les expressions les plus usitées lors des campagnes électorales ;
  • dévoiler une représentation visuelle des champs de force politique propres au Canada ;
  • déboucher sur des découvertes imprévues.

Description du corpus

Afin de bien cerner le contenu et les différents enjeux soulevés par les plateformes électorales des principaux partis fédéraux dans le cadre de l’élection fédérale canadienne 2015, nous cherchons à extraire et à mettre en relation les principales informations véhiculées tout en les mettant en relation avec celles véhiculées dans le cadre des campagnes antérieures. Nous avons choisi de nous limiter historiquement à la première élection gagnée par les conservateurs de Stephen Harper en 2006, car, aujourd’hui encore, nous sommes dans une ère politique définie par cette victoire conservatrice. Pour nos analyses, nous utilisons tout d’abord les plateformes électorales des principaux partis fédéraux de 2006, 2008 et 2011. Ces partis sont :

  • le Bloc québécois ;
  • le Nouveau parti démocratique ;
  • le Parti conservateur du Canada ;
  • le Parti libéral du Canada ;
  • le Parti vert du Canada.

Nous avons récolté les différentes plateformes électorales sur le site de Poltext – Données textuelles pour l’analyse des politiques. Ce site, élaboré par des chercheurs de l’Université Laval, présente plusieurs textes portant sur la politique canadienne et internationale. Il nous a permis d’obtenir les plateformes électorales des principaux partis politiques canadiens de 2006, 2008 et 2011, en français et en anglais.

Pour la campagne actuelle, nous avons recours aux discours, aux plateformes et aux divers documents web des partis pour les comparer au corpus initial des plateformes électorales.